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Les voyages sont déconseillés
dans ce pays, sauf pour raisons professionnelles impératives.
Après trois années de fortes tensions et des
mois de violences, la crise politique ouverte par les élections
contestées du mois de mai 2000 a conduit à
la démission et au départ du président
Aristide, le 29 février 2004. Le pays est alors entré
dans une période de transition politique qui devrait
s'achever l'année prochaine, après les élections
présidentielles prévues pour le mois de novembre
2005.
Dès le premier mars 2004, sur décision unanime
du conseil de sécurité des Nation Unies, une
force multinationale intérimaire (FMIH), composée
de militaires Canadiens, Chiliens, Américains et
Français, s'est déployée pour aider
au rétablissement de l'ordre et de la sécurité,
profondément ébranlés par les années
de crise. En juin 2004, la mission "Mission de stabilisation
des Nations Unies en Haïti" (MINUSTAH) s'est substituée
à la FMIH. Pour pouvoir remplir son mandat d'assistance
aux autorités Haïtiennes de transition, la MINUSTAH
devrait disposer, à terme, de 6700 militaires et
de 1622 policiers et gendarmes.
Toutefois, à peine engagée, la restauration
de l'Etat et de l'administration sur l'ensemble du territoire
Haïtien devrait prendre longtemps. Favorisée
par la désorganisation générale du
pays et la libération de centaines de criminels pendant
les troubles des mois de janvier et février derniers,
la délinquance civile a connu une certaine hausse
(enlèvements, attaques à main armée,
agressions domiciliaires), même si la Police Nationale
d'Haïti (PNH), en cours de restructuration, commence
à se montrer plus active et plus efficace. Alors
que les forces armées d'Haïti ont été
dissoutes en 1995, sur plusieurs points du territoire, en
l'absence de quasiment toute structure administrative, ce
sont des groupes d'anciens militaires impliqués dans
les événements de janvier et février
derniers qui exercent leur autorité. Echappant au
contrôle de l'Etat, ces groupes ont toutefois jusqu'à
présent davantage cherché à maintenir
l'ordre qu'à commettre des exactions au détriment
des populations.
Par ailleurs, alors qu'elles avaient cessé depuis
le départ du président Aristide, les violences
d'origine politique ont repris depuis le 30 septembre. Depuis
cette date, des partisans de l'ancien chef de l'Etat sèment
la terreur dans certaines zones populaires et commerciales
de l'agglomération métropolitaine de Port
au Prince. Dans le quartier de Bel Air, devenu quasiment
inacessible, plusieurs policiers ont été décapités
et mutilés. Sur certains grand axes du bas de la
ville, des tirs d'armes automatiques se font quotidiennement
entendre, entretenant des risques réels et un climat
de crainte et d'angoisse au sein de la population. A ce
stade, on ignore dans quels délais ce regain d'agitation
pourra être contenu.
Les conditions générales de sécurité
dans le pays demeurent donc particulièrement préoccupantes.
Elles ne pourront s'améliorer que lentement, avec
la restauration progressive de l'état de droit et
la mise en oeuvre d'une véritable politique de désarmement
que les autorités et la MINUSTAH, qui ne dispose
encore que d'une faible partie de ses effectifs, ne sont
pas encore capables d'entreprendre.
En tout état de cause,
la plus grande prudence est recommandée pour les
personnes qui auraient à se rendre en Haïti.
Il leur est conseillé de respecter les précautions
suivantes :
• éviter de se
promener seul dans les quartiers populaires et les bidonvilles,
et plus particulièrement aux abords du port et de
l'aéroport de Port-au-Prince et renoncer aux promenades
à pied, la nuit, en raison de l'absence d'éclairage
urbain ;
•éviter de circuler
en automobile la nuit sur les routes de province et dans
la périphérie de la capitale ;
• ne pas porter de bijoux
ou d'objets de valeur, ne pas laisser en évidence
les caméras et les appareils photos et éviter,
de manière générale, de susciter des
convoitises ;
• s'abstenir de tout
comportement provoquant, arrogant ou ostentatoire ;
• ne pas photographier
ou filmer les gens sans leur accord préalable. Plus
généralement, éviter de prendre en
photo des lieux miséreux ;
• refuser toute proposition
de vente d'articles divers (notamment cigarettes et alcools)
dans la rue ;
•éviter les rassemblements
de curieux et badauds pouvant se transformer très
rapidement en une foule incontrôlable ;
• décliner les
invitations aux cérémonies vaudoues non répertoriées
;
• s'en tenir, dans les
rapports avec les policiers, à un comportement courtois,
posé, et strictement respectueux de la législation
locale. En cas de difficultés, ne pas hésiter
à prendre contact avec l'ambassade ;
• En cas d'attaque à
main armée, ne pas opposer de résistance.
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